ADO-CAUSERIE: Personne proche dépressive - ADO-CAUSERIE

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Personne proche dépressive Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Laura 

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Posté 10 mars 2010 - 12:49

J'ai toujours refusé de consulter un psychologue bien que l'on m'y avait fortement poussé & je crois que je refuserais toujours mais j'ai des questions auquelles je ne peux pas répondre & que celle une personne compétante est suceptible de m'aider.

Croyez-vous que aider quelqu'un de mal en point peut nous nuire, que ça peut nous affecter? Prendre soin de quelqu'un qui a besoin de nous, peut-il nous changer? Est-ce d'une certaine manière ça peut transformer notre vision de la vie? Ce que j'essaye de dire c'est est-ce quand étant proche de quelqu'un de dépressif, de l'aider au mieux, est-ce que quelque part la dépression peut nous paraitre "contagieuse", le mot est mal employé je sais je ne veux pas faire fuir les gens dépressifs, mais disons que je me demande si le fait d'être au côté de quelqu'un de mal en point peut nous rendre nous-même déprimé en quelque sorte? Est-ce que ça peut se retourner contre nous? Ou bien est-ce que ça n'a rien à voir du tout, mon état de tristesse ne prend part que pour mon propre cas? Que c'est autre chose qui cloche chez moi?

Merci de bien vouloir me donner quelques pistes de réponses si vous pouvez.
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Reine-Marie 

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Posté 13 mars 2010 - 03:21

Laura,

Oui, tout à fait, la dépression affecte tout le monde autour de soi : la maison est alors remplie de négatif, de pessimisme ce qui amène les personnes de la maison à penser à partir de ce qui manque, de ce qui ne va pas, la joie de vivre quitte tout le monde et on arrive à penser que rien ne vaut la peine d'être vécu.

Tu es devenu le parent de ton parent, les rôles sont inversés.

Je l'ai vu mainte fois, la mère amène les enfants en consultation mais c'est elle qui ne va pas. Le mari ne sait pas comment aider, alors il s'en va. La tristesse se transmet de l'un à l'autre et tout le bateau coule. Ce n'est de la faute à personne mais c'est ainsi.

C'est plus insinueux que la gastro qui se propage plus vite, l'atmosphère de la dépression contamine tout le monde peu à peu. Le dépressif se laisse trainer et c'est lourd, trop lourd pour les jeunes qui ne peuvent exprimer leur joie de vivre et qui s'isole avec la personne dépressive.

Si la dépression est grave, il faut que la personne atteinte se fasse aider afin de dégager la responsabilité des personnes autour d'elle.

Il ne s'agit pas d'abondonner ta mère mais de prendre une distance par rapport à ce qui lui appartient. Je comprends que tu sois réticente à consulter mais la tristesse de ta mère t'a aussi atteinte. Tu te sens impuissante à l'aider et tu ne sais plus quoi faire.

Essaie de regarder ce qui est positif dans ta vie, prend un peu de plaisir en dehors de la maison sans te sentir coupable d'avoir du plaisir alors qu'elle souffre. Prépare ton avenir avec optimisme, pars de tes forces et non de tes faiblesses. Tu fais ce que tu peux pour aider ta mère, alors sois fière de toi.

Si tu as d'autres questions pose-les, j'esssaierai d'y répondre sans te dire d'aller consulter.
À ton écoute


Reine-Marie
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#3 L'utilisateur est hors-ligne   Laura 

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  • Inscrit(e) : 31-décembre 09

Posté 13 mars 2010 - 10:42

Mais ma soeur elle n'est pas atteinte, elle sort, elle rigole, elle s'amuse, je ne dis pas que de voir ma mère dans cet état la rend insensible mais elle prend les choses moins à coeur d'ailleurs il y a 3 ans ma soeur est partie à cause de l'état de ma mère, elle est allée vivre 1 an chez mon père, elle ne supportait plus la dépression, ça l'énervait c'est comme ça que ça l'affectait mais pas en la déprimant, elle sait vivre sa vie de son côté, faire abstraction de ma mère alors que moi non, c'est peut-être son caractère ou bien le fait que ma mère se tourne plus vers moi, m'en demande plus, se repose plus sur moi que sur ma soeur?

Il y a autre chose mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter je ne suis pas suicidaire, je ne suis pas mal à ce point. Depuis quelque temps, lorsque ma mère me menace de se jeter par la fenêtre je lui réponds d'accord et que l'on a qu'à le faire toutes les deux ensemble vu que sa vie ne vaut rien pourquoi la même vaudrait-elle quelque chose? Et elle me répond oui en me prenant la main, ça ne la choque pas, elle s'en fout complètement, au contraire même j'ai l'impression que ça l'aide dans son geste désespéré, que c'est comme si ça lui donne du courage. Des fois je me demande si sa vie sans la mienne serait bien plus simple. J'ai peut-être même l'impression que si je disparaissais elle comprendrait l'importance de sa vie, elle verrait qu'il faut s'accrocher et elle serait certainement beaucoup plus heureuse comme cela.

On a tous un but dans la vie non? Chacun à sa manière est destiné à faire quelque chose pour autrui, et si moi c'était simplement de lui faire entendre raison par m'importe quel moyen? J'essaye de m'imaginer dans l'avenir mais je ne vois rien pourtant je sais ce que je veux faire mais je ne m'imagine pas être mère et femme, je n'imagine pas d'avenir. Je ne vois pas ma vie relié à la sienne moi je sais vivre par moi-même je sais que j'en suis capable mais est-ce que je j'aurais être assez égoiste pour le faire? Si jamais par malheur elle réussisait à mettre fin à ces jours je ne sais pas si je serais capable de vivre avec pas dans le sens où le chagrin me tuerait, mais plutot dans le sens où je ne pourrais plus me regarder dans un miroir, la culpabilité sans doute, je sais vous m'avez dis de me détacher mais je le verrais comme un échec, mon échec, incapable de donner le gout de vivre à sa propre mère. J'ai déjà essayé de me détacher d'elle, de prendre mes distances mais elle l'a remarqué, elle me l'a dit et elle m'a dit clairement que je ne pensais qu'à moi, que je n'était pas là pour elle quand elle en avait besoin, que je la laissait tomber.

L'inversion des rôles, être une mère pour ma mère est-ce une mauvaise chose? ça permet de murir, non? Elle ça devrait la décharger de ses responsabilités et donc de l'aider à gérer ses problèmes un peu mieux? Et moi ça peut m'aider à prendre des responsabilités, mais en quoi est-ce nocif? Je manque de quelque chose d'important pour construire ma vie?

Ma vie est vide de sens, je voudrais une vie normal, une famille normal, une mère qui va bien, un père présent. Je veux partir, m'enfuir loin et grandir, faire ma vie mais en même temps je ne veux pas grandir, j'ai peur de grandir et d'être comme elle, de devenir comme ma mère, une personne dépressive.

Merci beaucoup pour me pas juger et merci aussi de votre aide.
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   Reine-Marie 

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Posté 15 mars 2010 - 02:49

Tout le monde ne réagit pas de la même façon à un même problème.

Ta mère se raccroche à toi parce qu'elle sait ta sensibilité et vois tes réactions à son chantage affectif. Elle est en effet centré sur elle-même, sur son vide, sa douleur. Pourtant sa dépression a sûrement des racines dans son passé (c'est toujours comme ça), dans des expériences avant même ta naissance, c'est son histoire, pas la tienne. Sa responsabilité ne doit pas être transférer sur toi. Ceci sans jugement, je sais qu'elle souffre.

Mon expérience clinique est que tout jeune est affecté par la maladie et/ou la mort d'un parent. Plus tard, ce n'est pas non plus facile mais la personne est plus outillée pour faire face au parent devenu enfant. Quand la maladie est mentale, c'est encore plus difficile.

Il y a un principe: l'autre n'est pas moi et je ne suis pas l'autre. Chacun a la responsabilité de sa vie. Ce n'est pas pour rien que notre code de déontologie (et aussi celui des médecins) nous défend de traiter un parent ou un ami et même un ami d'un ami. Nous manquons alors d'objectivité. Nous aidons à aider, pas à prendre des décisions pour l'autre ou de vouloir à leur place. Dans les suicides collectifs, il y a le plus souvent une personne forte qui entraine les autres vers la mort. Ce sont des faits cliniques.

Il ne s'agit pas de ne pas soutenir ta mère, il s'agit qu'il y ait aussi de la place pour ta vie à toi. Ne penses-tu pas que le vide de sens que tu ressens vient du vide du sens de la vie de ta mère? C'est ce qui est contagieux...

N'hésite pas à écrire à nouveau.
À ton écoute


Reine-Marie
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#5 L'utilisateur est hors-ligne   Laura 

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Posté 15 mars 2010 - 06:28

Vous avez raison da dépression est à l'origine ancienne, depuis qu'elle est petite, ce sont ses rapports aavec sa mère, au fil des années d'autres problèmes se sont associés et d'autres toujours liés avec sa mère. Ma mère était très proche de son père d'un cancer et lorsqu'il est mort elle était enceinte de moi, je crois que c'est aussi pour ça qu'elle s'est autant rattaché à moi, mais parfois je me dis que pour elle ça aurait été préférable que se soit moi qui meurt et que mon grand-père lui reste auprès d'elle il aurait été plus apte pour l'aider et je pense qu'elle ne serait pas dans cet état.

Lorsque je dis que ma vie est vide de sens je ne parle pas uniquement de la situation de ma mère. Depuis toujours c'est un vrai chantier, il y a toujours quelque chose qui ne va pas, en effet l'état de ma mère est en grande partie aujourd'hui. Depuis toujours ma vie n'a jamais eu de sens. Je sais que beaucoup de parents se séparent et divorcent et que ça ne se passe pas bien dans la plupart du temps mais même si à l'époque je n'ai jamais rien dis et que je me suis montré toujours très forte ce n'est pas pour autant que je l'ai pas mal vécu pas dans le sens où j'aurais préféré qu'ils restent ensemble mais que la séparation se fasse avec moins de violence, avec moins de paroles, de mots. Lors de leur séparation c'était la vraie guerre comme dans beaucoup de familles je sais mais c'est quand même dur à vivre, j'y repense souvent surtout ces temps-ci. Mes parents en venaient au main, des paroles dites lorsque l'on est en colère mais des paroles quand même. Et il y a aussi la culpabilité, savoir que c'est de ma faute en partie qu'ils se sont séparés , mon père me l'a dis un jour, que s'ils se sont éloignés c'était par ma faute, il y aura toujours ces mots dans ma tête, depuis 7 ans et ils resteront.

Avant j'ai toujours été une élève modèle, avec de bons résultats scolaire, je me démarquais comme ça, c'était la seule chose que j'étais capable & maintenant je suis nulle, banale, avec des résultats médiocres, je ne suis ni intelligente ni belle ni drole ni rien, je ne suis rien et ça c'est moi pas ma mère.

Maintenant je crois que j'ai décidé de partir pour la suite de mes études, mais est-ce de l'égoisme?
J'ai la possibilté de continuer à proximiter de chez moi mais moi je veux partir et on me le reproche. Je ne mange pas alors on avait décider que je viendrais à table avec mes amis tous les vendredis pour que l'on se voit un peu mais vendredi je ne voulais pas venir je voulais travailler et rester à l'écart j'avais besoin d'air et elles m'ont dis que je ne pensais qu'à moi, que déjà on ne se voyait pas beaucoup, que je partais l'an prochain qu'on allait plus se voir, je suis égoiste? Mon choix de partir loin est un choix égoiste, même si j'en ai besoin? Je suis quelqu'un qui ne pense qu'à soi c'est ça? Je dois faire quoi, rester là? Et ma mère fait comme ci elle n'entendais rien, elle ne cesse de me dire que les écoles de Lyon (proche de chez moi) sont les meilleurs alors que moi je vais partir loin, me prendre un appart rien qu'à moi, pouvoir vivre comme je l'entend, ne pas manger si j'en est pas envie, et vivre comme je l'entend. Je ne sais plus, si je pars ma mère sera seule et je serais la fille la plus égoiste qui soit?
Partir ou rester?

Merci de votre aide.
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#6 L'utilisateur est hors-ligne   Reine-Marie 

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Posté 23 mars 2010 - 05:40

Désolée pour le délai mais les venues du hacker ne me permettaient plus de me connecter.

Aller étudier ailleurs est une bonne idée si tu penses que tu peux vivre distanciée.
Le problème est que souvent on pense pouvoir recommencer à neuf ailleurs, loin de chez soi, mais le problème nous suit puisqu'il est en dedans de soi.
Par contre si l'éloignement te permet de mieux te retrouver et de reprendre des forces, c'est effectivement un besoin et un moyen de le faire.
Ce n'est pas égoiste de sauver sa peau, être mieux avec soi c'est être mieux avec les autres.
Peut-être peux-tu arrêter de faire la forte et de prendre soin de toi et de t'outiller pour la vie!
À ton écoute


Reine-Marie
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#7 L'utilisateur est hors-ligne   Laura 

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Posté 23 mars 2010 - 10:15

Merci beaucoup de votre aide, de me donner de votre temps pour répondre à mes interrogations.

J'ai beaucoup réfléchi, j'ai pesé le pour et le contre et je suis décidée à partir d'ici, je suis prête à m'enfuir loin de tout ça, c'est ma seule solution pour continuer à vivre, c'est ma seule et unique chance si je reste ici je vais mal finir. Il me reste 5 mois dont 3 de cours avec le bac à la fin alors je me concentrerai jusqu'à là, il faut que je tienne jusqu'au mois de septembre après tout ira mieux et puis je doute que a situation puisse empirer davantage. Il faut juste que je sois accepté dans mon école et je pars. Si je reste je vais raté ma vie déjà que là au lycée je suis absente toutes les 2 semaines et du coup j'ai du mal avec les cours si l'an prochain je fais pareil j'échouerai obligatoirement, donc m'enfuir est ma seule chance. Même si le problème est à l'intérieur de moi, que le problème c'est moi, partir d'ici ne peut pas me faire de mal forcément ça ira mieux, les gens ne nous connaissent pas on peut réapprendre à être quelqu'un, il n'y a plus l'étiquette de la fille triste, déprimée, solitaire et mélancolique, je serai celle que je voudrais calme, posée, heureuse et souriante, alors obligatoirement tout ira bien mieux.
Vous dites qu'il faut arrêter d'être forte et prendre soin de soi mais les deux sont inséparables, non? Si je ne suis pas forte comment pourrais-je me protéger? Je refuse d'être vulnérable, c'est prendre le risque de s'exposer aux émotions et si je m'expose je sais que les émotions me submergerons, je n'aurais plus aucun contrôle et la fille heureuse et souriante aura beaucoup de mal à rester. Pour contrôler, ne rien laisser paraitre, ne rien laisser trahir quelques tristesses ou morosité il faut se montrer fort, non? Être forte n'est pas une qualité? ça nous permet de ne pas se laisser toucher et se laisser perturber par les obstacles de la vie justement, j'ai tort?
Mais c'est décider je pars.

Encore merci pour tout vraiment vous m'aider à faire mes choix et surtout à me protéger de mes choix.
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#8 L'utilisateur est hors-ligne   Reine-Marie 

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Posté 25 mars 2010 - 03:41

C'est bien que tu aies pris cette décision, tu ne fuis pas tu pars pour vivre ta vie comme il se doit. Tu es courageuse, tu réussiras. Ce ne sera pas toujours facile, sache que je reste disponible si tu as besoin de parler.
À ton écoute


Reine-Marie
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